• Dr Céline Lacourt

Les MICI

Dernière mise à jour : 10 juil. 2020



A l’image de la maladie de Crohn ou de la rectocolite hémorragique de l’homme, les MICI ou Maladies Inflammatoires Chroniques de l’Intestin concernent aussi nos animaux domestiques.

Une maladie chronique aux manifestations digestives.

Les MICI touchent plus particulièrement les chiens mais parfois aussi les chats. La cause exacte reste souvent inconnue. C’est parfois une origine parasitaire ou une intolérance alimentaire. Dans certains cas, il s’agit d’un trouble du système immunitaire.

L’animal atteint de MICI présente des diarrhées qui peuvent être hémorragiques, des vomissements, une perte de poids et dans les cas les plus sévère une atteinte de l’état général. Les troubles digestifs sont parfois intermittents, sans pouvoir être expliqués par un écart alimentaire. L’appétit peut être conservé ou bien au contraire, l’animal devient anorexique.

C’est souvent après plusieurs visites assez rapprochées, et pour des motifs de consultation similaires que le vétérinaire évoque la nécessité de pratiquer des examens complémentaires pour affiner son diagnostic.

Une atteinte de la paroi du tube digestif.

Les symptômes de la maladie sont dûs à une inflammation de tout ou partie de la paroi du tube digestif. Celle-ci s’épaissie. Lorsque c’est la muqueuse de l’estomac ou du début de l’intestin qui est inflammée, l’animal présente plutôt des vomissements. Lorsque l’inflammation touche le côlon, il souffre de diarrhée. L’inflammation perturbe en effet les processus de la digestion. Le transit est accéléré et l’animal ne profite plus aussi bien que ce qu’il mange.

Une confirmation par biopsie.

Une fois les autres causes possibles de troubles digestifs éliminées par la réalisation de bilan sanguin/analyses de selles/écho ou radiographie abdominales, le vétérinaire propose de réaliser une fibroscopie afin d’examiner l’aspect de la muqueuse du tube digestif. L’animal est anesthésié et l’endoscope est introduit par la bouche lorsque l’on veut examiner l’eosophage, l’estomac ou le début de l’intestin grêle. L’examen se fait par voie rectale lorsqu’on veut examiner le côlon. L’aspect rouge et épais de la muqueuse est en faveur du diagnostic de la MICI. Celui-ci peut être confirmé par la réalisation de biopsie. Ce sont de petits prélèvements de la paroi, réalisés pendant la fibroscopie, ou bien au cours d’une intervention chirurgicale lorsque le vétérinaire souhaite prélever de plus gros échantillons. Un examen au microscope des biopsies confirme le diagnostic.

Un traitement long et coûteux

Une partie des MICI est dûe à une intolérance alimentaire. Dans ces cas, le passage à une alimentation hypoallergénique permet d’améliorer le confort de l’animal. Cette intolérance alimentaire concerne particulièrement les chiens qui souffrent en parallèle de problème cutanés que l’on appelle atopie. Certaines races, notamment les Staffy y sont particulièrement prédisposées.

Pour les autres, une alimentation plus facile à digérer sera proposée. Il s’agit de présentations vétérinaires riches mais dont les aliments nécessitent un travail moindre de digestion. Ils sont travaillés pour leur appétence, leur fort pouvoir nutritif tout en préservant au mieux la muqueuse digestive par leur richesse en acides gras essentiels par exemple.

Le pronostic d’une MICI est toujours réservé. En effet, si la maladie n’est pas mortelle, elle reste incurable et les traitements vont améliorer le quotidien sans faire disparaître définitivement ni totalement les symptômes. En cas de fortes crises, l’animal sera traité de façon symptomatique avec des anti-diarrhéiques, des anti-vomitifs, des pansements digestifs… Il est parfois nécessaire d’avoir recours à des anti-inflammatoires et des antibiotiques car les surinfections sont fréquentes au niveau du gros intestin. Enfin, la phytothérapie et l’administration de pro-biotiques aident au confort de l’animal.

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