• Dr Céline Lacourt

L’insuffisance cardiaque.

Dernière mise à jour : 22 janv.


L’insuffisance cardiaque est une maladie évolutive qui perturbe le fonctionnement du cœur de nos compagnons.

Plusieurs altérations sont possibles.

Le cœur est un muscle qui bat en permanence. La fréquence cardiaque des animaux domestiques varie suivant la taille de l’animal (les plus petits ont une fréquence cardiaque plus élevée). Le cœur bat de 50 à plus de 100 fois par minute et chacune de ses contractions permet l’apport de nutriments et d’oxygène aux cellules du corps.

Lors d’insuffisance cardiaque, le cœur bat de façon moins efficace et moins régulière, privant peu à peu l’organisme des éléments qui lui sont nécessaires. Plusieurs causes sont à l’origine de cette perturbation. Il peut s’agir d’effets secondaires d’autres maladies qu’il conviendra de diagnostiquer et de traiter. D’autres fois, c’est directement le cœur qui est malade. Il peut s’agir d’un amincissement de sa paroi musculaire dont la contraction devient plus faible, d’une irrégularité de la contractilité du muscle plutôt liée à une mauvaise conduction électrique, ou encore d’un défaut sur les valvules, occasionnant une petite fuite de sang d’une cavité à l’autre à chaque battement cardiaque. L’hypertension artérielle affecte également le travail de la pompe cardiaque.

La maladie évolue en 3 phases.

Au début, le cœur compense ses difficultés et l’animal ne présente pas de symptômes. Cependant, la maladie continue à évoluer et le cœur se fatigue de plus en plus, envoyant moins efficacement le sang dans le reste de l’organisme.

Dans un second temps, la mauvaise irrigation des cellules commence à se manifester par un animal qui fatigue à l’effort. Il est essoufflé, peut présenter une toux, respirer plus vite, se racler la gorge comme s’il cherchait à cracher quelque chose. Avec le temps, les symptômes s’amplifient et apparaissent même sans effort. Le chien maigrit, son ventre peut gonfler et se remplir de liquide (c’est l’ascite), il mange moins. Parfois, on observe également des syncopes.

Enfin, la décompensation de l’insuffisance cardiaque est une urgence vitale. Le chien est en détresse respiratoire, le plus souvent liée à un œdème aigu du poumon (les poumons sont remplis d’eau et le chien étouffe).

Le diagnostic nécessite des examens complémentaires.

L’animal est généralement présenté au vétérinaire lorsque les premiers symptômes apparaissent. Si le vétérinaire entend souvent un souffle cardiaque lors de l’auscultation, l’intensité de celui-ci n’est pas toujours corrélée à l’avancée de la maladie. La classification du stade et de la gravité de l’insuffisance cardiaque nécessitent la réalisation d’examens secondaires (radiographie, échographie, ECG, doppler, mesure de la pression artérielle…).

Le traitement vise à améliorer le confort de l’animal.

Lorsque l’insuffisance cardiaque est secondaire à une autre maladie, l’idéal est de traiter la cause initiale. Ce n’est malheureusement pas le cas le plus fréquent et on cherche plutôt à limiter la fatigue du cœur et à optimiser son fonctionnement. Plusieurs molécules sont disponibles. La maladie étant évolutive, le traitement est régulièrement adapté en fonction de la réponse de l’animal. Il permet à l’animal de profiter de belles années.

A côté de ces mesures médicales, il est important de proposer également un accompagnement « hygiénique ». En effet, la maladie cardiaque est aggravée par le surpoids. Il faut donc proposer une alimentation adaptée et pauvre en sel, maintenir une activité physique régulière mais modérée, éviter les sorties en cas de fortes chaleurs…

L’insuffisance cardiaque est une maladie grave, évolutive, qui touche principalement les animaux qui vieillissent. Toutefois, chez certaines races prédisposées, elle a un caractère congénital et peut apparaître très jeune (Cavalier King Charles, Doberman…).



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